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Théâtre de la Digue - Toulouse

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Urgence de la Jeune Parole

La collection « Urgence de la Jeune Parole », inscrite au catalogue des Editions Lansman, est le fruit de l’atelier d’écriture et de jeu « Urgence de la Jeune Parole » mené par le Théâtre de La Digue depuis 1996. Chaque auteur a écrit son texte à partir de la parole exprimée par un groupe d’une quinzaine d’adolescents durant une saison.
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  • Lire aussi : Politique Culturelle > Ateliers de sensibilisation > Pour adolescents
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La création d’un autre atelier en 2002 sur la ville de Castres a permis un élargissement de la collection qui voit désormais naître deux nouvelles pièces par an.

En 2004, c’est la ville de Cahors qui à son tour met en place un atelier similaire, avec l’auteur Alain Gautré. L’élargissement à venir de cette expérience à d’autres villes de Midi-Pyrénées devrait permettre à un nombre croissant d’auteurs de théâtre d’être édités.

Ces textes sont disponibles à la Bibliothèque du Théâtre de La Digue en consultation et à la vente.

La mélancolie des Barbares

Koffi Kwahulé

Urgence de la Jeune Parole 2008/2009 à Rodez

 "Je reconnais que je suis une truie, et même, ne tournons pas autour des mots, une cochonne, une petite cochonne qui a, par ses agissements, ravalé l’honneur de cette cité à la fange dans laquelle aiment s’ébattre les gros porcs et les grosses cochonnes, et cela n’est pas bien. Je reconnais avoir pété un câble en épousant cet homme plus vieux que mon père, un homme au passé incertain qui m’a contrainte à mettre ma vie sous l’autorité du voile, et à bien d’autres choses que vous êtes loin de soupçonner ; je reconnais que par cet acte, j’ai couvert d’opprobre toutes les femmes de cette cité, et cela n’est pas bien. Je reconnais que lorsque le dimanche il me traîne au culte, et que pendant le prêche je m’abandonne aux appels de l’ennui, j’aime glisser ma main sous son manteau, et du bout des doigts,  caresser son gros engin, sans bouger le reste de mon corps, le visage aussi pénétré que celui de la Vierge au pied du sang de son fils, et cela n’est pas bien. A présent que vous avez  prouvé à quel point vous savez ce qui est juste et bon pour moi, ce qui est honorable pour cette cité, à présent que j’ai donné raison à tous, que j’ai reconnu mes fautes, à présent que vous êtes rassasiés d’être la lumière du monde, foutez-moi la paix."

Déus Ex Machina

de Perrine Griselin

Urgence de la Jeune Parole 2008/2009 à Castres

"La Fable :
En l’absence d’auteur dramatique on fait comment dans ces cas-là ?

La Farce :
On fait comment dans ces cas, ça là, quoi ?

La Tragédie :
Le choix est Cornélien, nous devons l’avouer
Qui de moi ou bien d’elle, doit ici l’emporter ?
Le tragique ou la farce le rire ou bien les larmes
Le père est face au fils, qui doit fourbir les armes ?

La Farce :
On fourbit rien du tout… On essaie d’rester calme. C’est quoi, là, ce que tu veux dire toi, La Fable ? Soit claire, s’il te plait !

La Fable :
Je veux mettre en avant un mélange d’opinions, et un ensemble de questions…et ne pas avoir peur de mener au bout la réflexion. Au fond, je veux mettre en avant chacune d’entre vous… Je ne veux pas de fatalisme, pas plus d’amour à profusion, je veux de la folie et des oppositions. Je veux poser la question du conflit intergénérationnel quand il n’existe plus de différence entre générations… avec des rebondissements !… "

De la rage, de l'amour et des cocktails molotov !

de Filip Forgeau
Urgence de la Jeune Paroles 2008/2009 à Toulouse

Qu'est-ce qu'il y a dans ta tête, petit frère?
Des mots que tu jettes comme des pavés. Les mots sont des pavés. Des cailloux. Des grenades. Des cocktails Molotov. Des bombes lacrymogènes. Des mots d'amour, qui font pleurer, parfois.
Qu'est-ce qu'il y a dans ta tête, petite soeur?
Du froid. Du chaud. Des déserts. Du sirocco. Du vent dans tes cheveux. Du sable dans ta mémoire. Et de la boue, parfois.
Hé, dis-moi, petit frère. Hé, dis-moi, petite soeur. Quel bruit on fait quand on crève?
Peut-être qu'on ne fait pas de bruit quand on crève. Que quand on crève, on crève. En silence et c'est tout.
Alors faisons du bruit, petit frère. Alors soyons furieux, petite soeur.
Vivons de bruit et de fureur. Pour prouver qu'on respire.
Je t'aime, petit frère. Je t'aime, petite soeur.

Le flot des passants

de Jean-Philippe IBOS

Dans le théâtre nu, quelques jeunes gens d’aujourd’hui tentent de se saisir du monde dans lequel ils vivent.
Ils disent à leur façon, vive et impertinente, leurs rires et leurs colères, leurs doutes et leurs inquiétudes.
Ils disent l’urgence de refuser le “chacun pour soi dans le meilleur des mondes”…
Une série de polaroïds, pris sur le vif, sans concession, bêtes et méchants.

Enquête sur la disparition d'un nain de jardin

de Matéi VISNIEC

Un adolescent ordinaire rencontre un beau jour un nain de jardin ordinaire. L’adolescent croit que le nain est malheureux dans son jardin et qu’il faut faire quelque chose pour lui et pour tous les siens. Mais Philippe ne pense pas que
“la libération” pure et simple des nains de jardin pourrait résoudre le problème.

Les faits divers liés aux “lâchages de nains” dans la nature n’ont fait qu’inspirer l’auteur.
Mais son personnage, Philippe, choisit une autre voie. Il est même beaucoup plus radical que les divers “Fronts de Libération des Nains de Jardin”. Il est aussi beaucoup plus nuancé, car il veut, avec ses amis, s’approcher des nains et comprendre de l’intérieur leurs soucis, leurs humiliations.
Et puis, l’histoire se complique, car les nains de jardin veulent faire, eux aussi, quelque chose pour l’espèce humaine. Du point de vue des nains, les humains sont tout simplement en train de devenir des robots, les robots d’une société de consommation qui leur dicte les envies, les choix, le but dans la vie.

Soudain, l’histoire franchit carrément la frontière entre la réalité et le mode fantastique, entre la vie et le rêve… Quand les nains de jardin se mettent
à parler et à répondre à une enquête autour de la question : “Peut-on encore sauver les humains ?”, nous entrons dans un autre monde. Le monde d’un dialogue imaginaire mais qui nous aide à trouver des réponses pour nos problèmes d’aujourd’hui.

Obliques à la terre

de Philippe Crubézy

Ils sont partis. Un dimanche d’été, ils sont partis sans rien dire à personne.
Treize adolescents qui tous ont décidé de quitter le navire, d’échapper à la destinée plus ou moins droite à laquelle ils étaient promis. Partis griffer le monde à leur manière, avec l’urgence des utopies.
Leurs parents, la société disent qu’ils ont fugué, eux assurent qu’ils ont choisi.
Sauf que ce n’est pas si simple et que passés les deux premiers jours à s’émerveiller de la liberté et des étoiles filantes, vient le temps des questions qui fâchent et divisent.
Pourquoi ? Comment ? Où ?
À chacun ses questions, à chacun ses réponses et sa vérité. Certains continueront leur chemin, certains reviendront à la case départ, mais tous auront vécu ce moment singulier, semblable au rayon vert, qui fait de nous des êtres uniques et responsables.

Un mur

d'Eddy Pallaro

« Je pense que quelqu’un a vu une pierre un jour, il en a posé une autre, et ainsi de suite.
J’ai fait comme les autres, j’ai mis une pierre, puis une pierre, puis encore une pierre.
Tout le monde a fait comme ça, de génération en génération. »
Histoire d’un mur, des murs, réels ou imaginaires.
Divagations sur nos tentatives, nos franchissements, nos passages, vers d’autres âges, d’autres territoires, d’autres conditions.

Must Go on

de Nathalie Fillion

Une discothèque. Un samedi soir. Un D.J. mène la danse. Sur la piste surchauffée se défoule et s'exhibe un monde anachronique : une femme antique, un petit soldat, une femme tatouée, un p'tit Prince encanaillé, un jeune homme qui se prend pour Icare, des jumelles emperruquées... autant de figures imaginaires surgies de nos livres d'enfance, des réminiscences du passé ou d'un présent extrapolé. La tension monte, le temps s'accélère. Les couples se cherchent, se forment et se déforment. Dans cette foule excentrique, une jeune fille égarée, un écolier perdu. Ils se rencontrent dans ce qui pourrait être un rêve ou un cauchemar. Mais une femme armée arrête brutalement la danse. Tout bascule. Ce qui surgit alors pourrait s'apparenter à la réalité, une réalité mouvante, faite de lambeaux de mythes, de cauchemars et de rêves. Celle de jeunes gens à l'âge de tous les possibles, qui se cherchent et se dessinent à tâtons, sur le plateau d'un théâtre, aujourd'hui.

Passage des hasards

de Dominique Paquet
Sortie du bac... tout est possible ! Tout ? Peut-être pas. Garçons et filles rêvent de vies merveilleuses, mais parfois c'est en veilleuse que l'on conquiert son existence. Certains se fracassent contre la réalité, d'autres s'exaltent de découvrir ce qu'ils n'osaient imaginer. Bonheur, malheurs...Ombres et lumières... L'histoire d'une génération, de ses rêves, de ses amours, de ses erreurs. les hasards ont toujours le dernier mot.

Un an d’Anna. Fantaisie Chorale

d'Eric Durnez

De janvier à décembre, la chronique d’un groupe d’adolescents.
Les amours se font, se défont, se taisent et se déclarent.
Les projets se cherchent et se vivent.
Les désirs s’affirment.
Les rêves luttent pour devenir réalité.
Les destins se forgent.
Et de janvier à décembre Anna veut.
Oui, c’est ça, Anna veut.

Concessions

de Kossi Efoui

Les résidents de l’Interzone, La petite boxeuse et Le coach aveugle, L’étudiant, La mère, L’homme de cave… sont des gens qui ont tout vendu, à commencer par leur nom propre et le nom propre du pays qu’ils ont abandonné.

Ailleurs désigne pour eux le pays disparu mais c’est le même mot qui désigne le « Monde » où ils rêvent de renaître avec un nouveau nom…

Un monde dans lequel Winterbottom & Winterbottom Excellence Century Production Inc offre des places en « récompense » à la traversée des malheurs.

Amiour

d'Alain Gautré

Au fil des 44 poèmes, chansons ou courtes scènes qui composent Amiour, on pourra croiser un chevalier ayant oublié l'amour, deux garçons ne pouvant s'avouer le leur, un anaconda ayant dévoré le sien, une clowne convoquant les morts, un gâteau inachevé, une robe de flammes, un marchand de bonheur, une mère cane chantant en espéranto, un pur-sang arabe à qui on réclame le coup de sabot qui tue, des parents en souffrance, des enfants qui survivent, la galerie de l'espoir, de l'humour en veux-tu en voilà et même un petit Français de Figeac qui, ayant traversé l'Atlantique à la nage, deviendra une star à Hollywood.

Comment dire

de Sylvie Chenus

Il veut lui dire, elle aussi veut lui dire, mais ils ne savent pas comment dire, comment dire ça, ce qui leur arrive, ça a un nom ce qui leur arrive, mais ils ne le connaissent pas, peut-être ça n’a pas de nom, les autres comment ils font, ils n’en parlent peut-être pas, ils ne parlent pourtant que de ça, comment ils appellent ça alors, ils ne savent pas.

C’est quoi leur problème ? C’est quoi cette histoire de ça

Je m’appelle pas Shéhérazade

de Natacha de Pontcharra

"Je m’appelle pas Shéhérazade, j’ai mille autres choses à faire…" Une fille, un garçon, un manuscrit d’où les mots pleuvent comme la grêle et tombent dans la cour des grands. Héros, tigres de papier remplissant l’espace des élans d’une adolescence raidie dans les émotions entre cris et mutisme : je t’aime, je te hais, non je t’aime, je ne te regarde pas, je me tais.

"…d’où l’idée un jour de prendre une feuille et de me mettre à lire haut et fort ce que j’avais à dire".

Les Grandes Bouches

de François Chaffin

"Petit meccano à l'usage des mal-vivants"

Archétypes. Ce sont tous des archétypes. Des parangons du discours. Ce sont les figures béantes des pouvoirs qui parlent pour nous, citoyens et citoyennes aux oreilles commodes et disciplinées. Ces grandes bouches tiennent les micros, sans partage, oralisent les systèmes, asservissent l’individu à de vagues unissons, et contaminent notre griot, celui-là privé du mégaphone, dont la voix maigre se dissout dans l’haleine des gros parleurs. Icônes, caricatures, pantins, la déclamation est un territoire où ils avancent avec des précautions de bulldozers, par-dessus les hommes et l’histoire, la dissidence, son expression singulière. Alors, acteurs, metteurs en scène, ne leur faites pas de cadeau : jouez gros, truculent, affirmatif, frappez-les sur la bouche, dilatez le mot jusqu’à l’extrême ; le théâtre est peut-être le seul cri de nos résistances.

Nous qui sommes

de Valérie Deronzier

Il s’agit de jeunes gens qui se lancent à l’assaut du langage parce qu’ils ont des mots entassés sur le bout de la langue. Il s’agit de constater qu’ils sont incontournables, impétueux, philosophes, poètes, révoltés, joyeux, douloureux… Il s’agit de faire entendre leurs prises de parole jusqu’au bout de ce qu’elles ont à dire. Il s’agit encore d’affirmer que cette jeunesse qui nous entoure ne forme pas un tout homogène, mais qu’elle est formée d’une multitude de sensibilités singulières. Il s’agit toujours d’être à l’écoute de l’autre. Il s’agit sans cesse de la vie !

Tolorosa

de Ricardo Montserrat

Curieuses années où les petites et grandes villes sont violées. D’un côté ou de l’autre de l’océan, chez les gentils ou les méchants, à Ramallah, New York ou Kaboul, comment savoir où est le bien, où est le mal, comment trouver les bons mots quand bourreaux et victimes parlent la même langue ? « Bientôt, nous ne saurons plus qui nous sommes », écrivait Gabriel Celaya.

Douze jeunes nés des cuisses déchirées de Toulouse ont joué devant moi cette impossibilité d’être. Je l’ai mise en pièces.

Dix moi

d’Eric Durnez

Dix, elles sont dix, dans leur ville, dans leur vie… Dix à chercher, dix à se chercher… Dix : une + une + une + une + une + une + une + une + une + une…

Petits drames, grandes joies ou inversement. Dix moi qui se sont rencontrées, racontées pendant presque dix mois. Dix moi pour une pièce. Leurs chemins se croisent et se décroisent, à le rencontre de l’autre, du parent, du garçon, de la copine, de l’inconnu, de la sœur, de soi-même… Des questions, rien que des questions… Sur les routes, dans sa chambre ou dans sa tête… S’aventurer dans la vie…

La Brèche-au-Loup

d’Alain Gautré

La Brèche-au-Loup, c’est l’histoire d’une nuit singulière dans une cité toulousaine, ou comment une mauvaise plaisanterie peut vite tourner au drame, voire à la tragédie. Mais c’est de comédie dont il s’agit ici. Comédie d’aujourd’hui, entre Shakespeare et Goldoni. Vaudeville nocturne où glissent les ombres de ce que nous sommes, entre réalité et cauchemar.

Baignés dans une atmosphère de série B., on y croise une spécialiste des loups ne retrouvant pas ses petits, un jeune homme se prenant pour Saladin, un gang de filles traquant un loup-garou, un petit caïd qui est tout, sauf une terreur, un garçon dévoré par la jalousie, deux amies qui se séparent, un jeune schizo devenu prophète par excès de souffrance, etc. La nuit du Loup révèle à chacun son être profond. Destins croisés de quatorze jeunes sur fond de nuit d’épouvante qui, heureusement, n’aura pas lieu. Nuit de vertige. Nuit des masques. Initiation.

Tu connais New York ?

d’Ahmed Kalouaz

Quelques bancs, des mots qui fusent, des gens qui vont, qui viennent. Un lieu où l’on a droit à toutes les réponses, toutes les tendresses.

La vie ça devrait servir à ça…

Voyage vers le centre de Michel Azama | Les Bello

de Catherine Zambon

Dérives, rapt, disparitions, des pas adolescents parcourent la ville. Le dedans : centre-ville, ruelles, artères. Mais aussi son excroissance, le dehors : banlieue, dalles, pelouses râpées. Univers de colère, de solitude, entre-coupé de rires, d’amitiés et d’amours en tous sens.

Dans Voyage vers le centre, une jeune fille disparaît. Fratries déroutées, amours confuses, amitiés solidaires pour la retrouver. La cité s’en mêle, trébuche et se relève. On se cherche, on s’attrape, on se lâche, on se reprend, on se perd. C’est ainsi que les pas de ces adolescents s’assurent dans le sol. C’est ainsi qu’ils s’allongent, soit qu’on sorte d’une cité, soit qu’on y entre.

Aux Bello, quartier urbain, une jeune fille rêve de rapter son amant, père de famille. Ici aussi la cité s’en mêle, embrouillée dans ses contradictions. Sur la berge, un coin de poésie agrippée à un arbre. Deux textes issus d’une même observation, d’un même mouvement : restituer l’écho d’un instant, l’ici et maintenant d’une adolescence urbaine.

En automne, j’ai même vu des renards danser

de Françoise Du Chaxel

Vacances de la Toussaint dans un village des Pyrénées ariégeoises. Des histoires d’ours, de colporteurs, de transhumance, d’amours contrariées imprègnent la valléé.

Un minicar s’est arrêté sur la place du village.

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